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| En Charente-Maritime : Fort-Boyard |
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En 1808, l'Empire vient de subir deux défaites, l'une en Espagne, l'autre au Portugal.
Le Général Dupont et son état-major rentrent à Rochefort. La ville y abrite, sur les rives du Fleuve Charente, l'un des ports français les plus actifs.
La flotte anglaise renforce sa pression sur les îles et sur le littoral atlantique.
Lorsque le 12 avril 1809, l'escadre destinée à secourir les Antilles est anéantie aux portes du Département, dans la rade de l'Ile-d'Aix, Fort-Boyard sort à peine des eaux.
La protection d'un des principaux arsenaux de France.
Situé à mi-chemin entre l'Ile-d'Aix et l'Ile-d'Oléron, Fort-Boyard a été conçu pour protéger la rade de l'Ile-d'Aix et l'Arsenal de Rochefort.
Il vient renforcer le système de défense édifié le long du littoral et sur les îles de l'actuelle Charente-Maritime. Napoléon avait décidé que le fort serait élevé aux portes d'un des plus précieux arsenaux de l'Empire, sur le banc de sable de la "longe de Boyard". |
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Un projet né au XVII ème siècle.
La protection militaire de l'Arsenal de Rochefort apparaît essentielle dés l'achèvement de sa construction, en 1666. Le banc de sable est repéré, étudié, sondé. La profondeur et la nature des fonds font l'objet de relevés détaillés. Sébastien Le Prestre de Vauban, futur Commissaire Général des Fortifications du royaume (1678), fait bientôt connaître au Roi Louis XIV son point de vue : |
| Projet de fortification : Fort-Boyard |
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"Sire, il serait plus facile de saisir la lune avec les dents
que de tenter en cet endroit pareille besogne". |
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L'enrochement du cuirassé de pierre.
Au tout début du XIX ème siècle, une Commission, composée d'Officiers du Génie et de la Marine, et d'ingénieurs des Ponts et Chaussées, remet un projet à Napoléon.
Il s'agit de bâtir un cuirassé de pierre sur un enrochement.
L'ouvrage proposé à la forme d'un anneau de pierre elliptique, long de 80 mètres, et large de 40 mètres environ. Il est construit sur 3 niveaux et comporte des casemates et une cour intérieure. L'établissement de Boyardville, à la pointe nord-est de l'Ile-d'Oléron, est aménagé. Les magasins de matériaux, les ateliers et les logements des ouvriers y sont regroupés. Les travaux d'enrochement du fort débutent, en 1804, à un peu plus de 5 mètres de profondeur. Un plateau de 100 mètres de long sur 50 mètres de large doit établir l'édifice. |
Projet de fortification : Fort-boyard, la salle des canons |
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| Les difficultés rencontrées par les architectes et par les ouvriers sont innombrables. L'enrochement s'affaisse sous le poids de la construction. De violentes tempêtes, telles que celles qui ravagèrent le littoral entre 1807 et 1808, détruisent une partie des travaux. |
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La présence de la flotte anglaise constitue, en outre, une menace permanente. Elle retarde le chantier et cause parfois d'importants dommages.
Le chantier est trop coûteux. L'Empereur décide de réduire les dimensions du futur Fort-Boyard. En 1809, les travaux reprennent sur la base du projet revu et corrigé. Ils seront vite interrompus : la destruction de l'escadre de Rochefort par les brûlots anglais met un terme à ce nouveau chantier |
| Projet de fortification : Fort-Boyard, la salle des armes |
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Trente ans plus tard, sous le règne de Louis Philippe, le regain des tensions qui opposent la France et l'Angleterre donne une nouvelle impulsion à la construction du Fort. Les travaux reprennent.
Le socle de Fort-Boyard sera édifié entre 1837 et 1848. Il s'élève à 2 mètres au-dessus du niveau des plus hautes mers. La construction du Fort proprement dit allait encore durer plus de dix ans.
Le rez-de-chaussée est achevé à la fin de l'année 1852. Il accueille les magasins à poudre et à vivre, les cuisines, les latrines. Les magasins et les citernes pourront assurer deux mois d'autonomie à 250 hommes.
De petits escaliers intérieurs s'élèvent vers les futurs étages de l'édifice. Un long escalier s'ouvre bientôt sur l'océan.
Le premier niveau du fort est construit en 1854. Des chambres y sont aménagées. Un dernier étage est édifié
En 1857, la plate-forme supérieure et la tourelle de la vigie sont terminée.
Fort-Boyard allait devenir, au XX ème siècle l'un des plus célèbres sémaphores de la télévision française.
Fort-Boyard connaît encore, jusqu'à l'aube du second millénaire, un siècle et demi de combats contre la mer et de lutte contre les attaques militaires, les pillards et l'oubli.
Son armement est renforcé. Il reçoit 74 pièces d'artillerie. Le Génie Maritime décide la construction d'un brise lame et d'un havre de débarquement à 2 jetées.
Au milieu du XIX ème siècle, l'artillerie rayée triple la portée des canons. Les batteries établies sur l'Ile d'Aix, au Fort de la Rade, et sur l'Ile d'Oléron sont bientôt capables de croiser leurs tirs. Elles suffisent à protéger la Rade et la porte rochefortaise du Département.
Dépourvu de valeur défensive, Fort Boyard devient, à la fin du second Empire, une prison militaire. Les soldats prussiens et autrichiens de la guerre de 1870 y sont détenus. Les prisonniers politiques de la Commune, en partance pour la Nouvelle Calédonie, leur succéderont.
A la veille de la Première Guerre Mondiale,
le vaisseau de pierre est sur le point de sombrer dans l'oubli.
Il s'est considérablement détérioré, et devient la proie des pillards. En 1950, son inscription à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques le sauve d'une forme moderne de défaite. Un particulier l'acquiert en 1961. C'est finalement le Conseil Général de la Charente-Maritime qui en devient le propriétaire, et met en lumière la mémoire de Fort-Boyard. |
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